Publié le 15 mars 2024

Contrairement à la croyance populaire, obtenir un permis Airbnb à Montréal n’est plus la ligne d’arrivée, mais le début d’une course d’obstacles où la gestion du risque prime sur la simple recherche de revenus.

  • La légalité de votre résidence principale est limitée à une très courte fenêtre estivale de 92 jours, ce qui bouleverse tous les calculs de rentabilité.
  • Le dépassement du seuil de 30 000 $ de revenus annuels vous fait basculer dans un régime fiscal complexe incluant TPS, TVQ et taxe sur l’hébergement.
  • La « paix sociale » avec le voisinage et le syndicat de copropriété est devenue votre principal actif pour conserver votre droit d’opérer.

Recommandation : Abordez votre projet non pas comme une source de revenu passif, mais comme la création d’une entreprise soumise à une réglementation dense, où chaque décision doit être un arbitrage calculé entre rentabilité et conformité.

L’idée de transformer une partie de votre propriété montréalaise en une source de revenus via Airbnb ou un gîte urbain est séduisante. Pour de nombreux propriétaires, cela représente une opportunité de capitaliser sur l’attrait touristique de la métropole et de rentabiliser un actif immobilier. Le discours habituel se concentre sur l’optimisation de l’annonce, la décoration et la maximisation du taux d’occupation. On vous conseille de soigner vos photos, de rédiger une description attrayante et de viser le statut de « Superhost ». Ces conseils, bien que valables, sont aujourd’hui dangereusement incomplets.

La réalité sur le terrain a drastiquement changé. Face à la crise du logement, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec ont érigé une forteresse réglementaire qui a transformé le paysage de la location à court terme. Mais si la véritable clé du succès n’était plus de savoir comment attirer les touristes, mais plutôt comment survivre à l’arsenal juridique et fiscal qui encadre désormais cette activité ? L’enjeu n’est plus seulement d’être un bon hôte, mais d’agir en véritable gestionnaire de risques.

Cet article n’est pas un guide pour choisir vos coussins. C’est une consultation stratégique pour vous, propriétaire, qui envisagez de vous lancer. Nous allons décortiquer les risques financiers réels, le parcours administratif exact pour obtenir votre conformité, et les calculs de rentabilité à effectuer pour ne pas tomber dans un piège économique. Nous aborderons cette démarche non comme un hobby lucratif, mais comme une opération entrepreneuriale à part entière, où la connaissance de la loi est votre meilleur investissement.

Cet article vous fournira une analyse détaillée des obligations et des stratégies à mettre en place pour opérer en toute légalité et, surtout, en toute rentabilité. Le sommaire ci-dessous vous guidera à travers les étapes cruciales de votre projet.

Pourquoi 80% des annonces Airbnb à Montréal risquent des amendes de la CITQ cette année ?

La situation à Montréal est sans équivoque : l’ère de la location touristique non réglementée est révolue. L’écart entre le nombre d’annonces actives et les permis officiels est abyssal, créant un risque réglementaire majeur pour des milliers d’hôtes. Selon les données rapportées par La Presse, on estime que près de 4000 logements ont été retirés du marché locatif traditionnel au profit d’Airbnb, alors que seulement 2140 numéros d’enregistrement de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) ont été délivrés à Montréal. Ce décalage signifie qu’une majorité d’annonces opèrent dans l’illégalité, s’exposant à des sanctions financières dissuasives.

Le durcissement de la loi 25 confère à Revenu Québec et à la Ville des pouvoirs accrus pour traquer les contrevenants. Les amendes ne sont plus symboliques ; elles sont conçues pour être économiquement paralysantes. Un simple oubli ou une négligence peut coûter très cher, et l’ignorance de la loi n’est jamais une excuse valable.

Ce tableau comparatif, basé sur la réglementation en vigueur, illustre clairement l’échelle du risque financier. Il ne s’agit plus de savoir si l’on sera inspecté, mais quand. En 2023, la Ville a mené 920 inspections qui ont conduit à 126 constats d’infraction, et ce processus peut s’étirer sur un an après un signalement. Cette lenteur administrative ne doit pas être confondue avec de l’inaction ; les dossiers s’accumulent et les sanctions finissent par tomber.

Grille des amendes pour exploitation illégale d’un établissement d’hébergement touristique
Type de contrevenant Première infraction Récidive Amendes maximales
Particulier (par jour) 1000 $ à 2500 $ 2000 $ 50 000 $
Entreprise 5000 $ à 7500 $ 10 000 $ 100 000 $
Plateforme (Airbnb) Jusqu’à 100 000 $ 100 000 $ 100 000 $

Opérer sans permis n’est donc plus un raccourci rentable, mais un pari extrêmement coûteux. La seule stratégie viable est d’entamer une démarche de conformité défensive pour sécuriser votre investissement.

Comment obtenir votre attestation de classification en 5 étapes sans vous perdre dans la paperasse ?

L’obtention de l’attestation de classification de la CITQ est le passeport obligatoire pour opérer légalement. Ce processus, bien que rigoureux, est loin d’être insurmontable s’il est abordé méthodiquement. Il s’agit d’une séquence d’étapes administratives précises où chaque document a son importance. La principale contrainte pour un propriétaire souhaitant louer sa résidence principale est désormais temporelle : selon le nouveau règlement municipal de Montréal, cette location n’est autorisée que pour une période de 92 jours, spécifiquement entre le 10 juin et le 10 septembre. Cette fenêtre limitée rend chaque journée d’opération précieuse et la préparation administrative en amont, critique.

Avant même de remplir un formulaire, la première action est de valider le zonage de votre propriété. Chaque arrondissement de Montréal possède ses propres règles, et certaines zones interdisent purement et simplement l’hébergement touristique. Cette vérification est non négociable et doit être votre point de départ absolu. Ensuite, si vous êtes en copropriété, l’autorisation écrite du syndicat est une condition sine qua non. La plupart des déclarations de copropriété contiennent des clauses restrictives qu’il est impératif de respecter.

Bureau administratif avec documents officiels et ordinateur portable montrant une demande en ligne

Une fois ces validations préalables effectuées, le parcours administratif peut commencer. Il s’agit d’un dialogue structuré avec les instances municipales puis provinciales, où la rigueur et la complétude de votre dossier feront toute la différence entre un processus fluide et un parcours semé d’embûches. Ne sous-estimez pas le temps requis ; anticipez plusieurs semaines, voire mois, pour l’ensemble des démarches.

Votre plan d’action pour la conformité CITQ

  1. Vérification du zonage : Consultez le site de la Ville de Montréal pour confirmer que votre adresse se situe dans une zone autorisant l’hébergement touristique à court terme.
  2. Obtention des autorisations : Obtenez une autorisation formelle et écrite de votre syndicat de copropriété. Si vous êtes locataire, celle de votre propriétaire est indispensable.
  3. Demande de l’avis de conformité municipal : Prenez rendez-vous dans un bureau Accès Montréal. Apportez une pièce d’identité, votre dernier avis de cotisation provincial, et prévoyez les frais de 300 $.
  4. Inscription auprès de la CITQ : Une fois l’avis de conformité municipal en main, utilisez ce document pour soumettre votre demande d’enregistrement officiel sur le site de la CITQ.
  5. Affichage obligatoire : Dès réception, votre numéro d’enregistrement CITQ doit être visible dans votre annonce en ligne, et l’avis de conformité affiché physiquement à l’entrée de votre logement.

Considérez ces étapes non comme une corvée, mais comme la construction des fondations légales de votre nouvelle activité commerciale. Une base solide vous évitera des complications coûteuses à l’avenir.

Déco « Canadiana » ou Moderne épuré : quel style garantit le plus de réservations auprès des touristes ?

Une fois la conformité légale assurée, l’attention se porte sur l’attractivité de votre bien. La question du style décoratif est souvent posée : faut-il opter pour un clin d’œil « Canadiana » avec des motifs de caribous et des couvertures à carreaux, ou privilégier un modernisme épuré et international ? La réponse se trouve moins dans un style que dans une stratégie : l’authenticité et la fonctionnalité. Les voyageurs qui choisissent Montréal recherchent une expérience locale. Un appartement sur le Plateau avec une touche artistique ou une unité dans le Vieux-Montréal qui respecte son cachet patrimonial aura toujours plus de résonance qu’un décor standardisé et impersonnel. Le style doit servir l’histoire du lieu.

Comme le suggèrent les observations de terrain, l’authenticité du quartier est un facteur clé. L’aménagement de votre gîte doit donc refléter son environnement immédiat tout en répondant aux besoins concrets des voyageurs. Pensez au touriste qui arrive en plein mois de février : un espace de rangement fonctionnel pour les bottes pleines de neige et les manteaux épais n’est pas un luxe, c’est une nécessité. De même, une climatisation performante durant les canicules humides de juillet fera toute la différence.

Au-delà de l’esthétique, la qualité de l’équipement est un facteur décisif de satisfaction et de commentaires positifs. L’accent doit être mis sur le confort et la sécurité, en fournissant une base solide qui dépasse les attentes. La liste suivante détaille les équipements qui ne sont plus optionnels, mais essentiels pour opérer un Airbnb de qualité à Montréal :

  • Un espace de rangement spacieux et dédié dans le vestibule pour les manteaux et bottes d’hiver.
  • Une climatisation performante, capable de gérer l’humidité des étés montréalais.
  • Un système de chauffage efficace, fiable et simple à régler pour les hivers rigoureux.
  • Un espace de travail ergonomique avec un bureau, une chaise confortable et une connexion Wi-Fi haute vitesse stable, pour attirer les télétravailleurs.
  • Des détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone conformes aux normes et fonctionnels.
  • Un extincteur portatif visible et facilement accessible.
  • Une trousse de premiers soins complète et bien en vue.

En définitive, le meilleur « style » est celui qui est authentique, confortable et qui anticipe intelligemment les besoins spécifiques liés au climat et à la culture de Montréal.

L’erreur de gestion des clés qui met vos voisins en colère et menace votre permis

La gestion de votre activité d’hébergement touristique ne s’arrête pas à vos locataires ; elle s’étend à votre voisinage. L’une des erreurs les plus dommageables pour un hôte est de sous-estimer l’impact de son activité sur l’environnement immédiat. Une simple boîte à clés accrochée maladroitement à la rampe peut devenir un symbole d’irritation pour vos voisins, signalant un va-et-vient constant et une commercialisation de l’immeuble. C’est le début d’une perte de ce que l’on doit considérer comme un actif essentiel : la paix sociale.

Le principal levier des opposants à la location à court terme, notamment dans les copropriétés, est la clause sur « l’usage résidentiel et paisible des lieux ». Les syndicats de copropriété sont de plus en plus proactifs pour faire respecter cette clause et interdire les activités qu’ils jugent perturbatrices. Une part significative des inspections menées par la Ville découle directement de plaintes du voisinage. Maintenir de bonnes relations n’est donc pas une question de courtoisie, c’est une stratégie de préservation de votre permis. Chaque porte qui claque tard le soir, chaque groupe bruyant dans les parties communes, est une menace directe pour la pérennité de votre investissement.

La solution réside dans une gestion proactive et discrète des accès et du comportement des voyageurs. Il faut mettre en place des systèmes qui minimisent les frictions et démontrent votre engagement à préserver la quiétude de l’immeuble. Cela passe par des investissements technologiques et des règles claires, communiquées fermement à vos locataires.

Étude de cas : l’impact des plaintes sur les inspections

Les syndicats de copropriété montréalais sont devenus des acteurs majeurs dans la régulation des Airbnb. En s’appuyant sur les règlements d’immeuble interdisant un usage autre que « résidentiel et paisible », ils signalent activement les unités problématiques. L’analyse des 920 inspections de 2023 montre qu’une portion non négligeable de celles-ci a été initiée suite à des plaintes répétées du voisinage, prouvant que la gestion des relations de bon voisinage est une composante cruciale pour éviter d’attirer l’attention des inspecteurs et préserver son droit d’opérer.

Adopter une approche professionnelle, c’est rassurer vos voisins et votre syndicat sur le fait que vous contrôlez la situation. Des outils existent pour transformer votre location en un voisin modèle.

En investissant dans des solutions discrètes et en établissant un dialogue transparent avec votre entourage, vous transformez une source potentielle de conflit en un environnement stable pour votre entreprise.

Revenus locatifs vs Taxes : quand l’hébergement touristique devient-il moins rentable que la location longue durée ?

La promesse de revenus supérieurs avec la location à court terme doit être sérieusement mise à l’épreuve de la nouvelle réalité réglementaire et fiscale montréalaise. Le calcul ne peut plus se limiter à comparer un loyer mensuel à une somme de tarifs journaliers. L’arbitrage de rentabilité est devenu beaucoup plus complexe. La restriction à une période de 92 jours pour les résidences principales change radicalement la donne. Pour égaler les revenus d’une location longue durée, le tarif journalier doit être exponentiellement plus élevé, tout en maintenant un taux d’occupation proche de 100% durant cette courte fenêtre estivale.

De plus, l’aspect fiscal est un facteur souvent sous-estimé par les nouveaux hôtes. Le seuil de revenus est un point de bascule critique. Selon les exigences de Revenu Québec pour les locations Airbnb, dès que vos revenus bruts annuels dépassent 30 000 $, vous avez l’obligation de vous inscrire aux fichiers de la TPS (5%) et de la TVQ (9,975%). À cela s’ajoute la taxe sur l’hébergement de 3,5% que vous devez percevoir et remettre. Soudainement, près de 19% de vos revenus ne vous appartiennent plus, ce qui affecte directement votre marge bénéficiaire.

Espace de travail avec calculatrice, graphiques financiers et vue sur les toits de Montréal

Le calcul inversé devient alors un exercice essentiel. Avant de vous lancer, vous devez modéliser vos revenus potentiels en tenant compte d’un taux d’occupation réaliste, puis soustraire toutes les charges : frais de plateforme, frais de ménage, assurances spécifiques, et surtout, l’ensemble des taxes. C’est seulement après cet exercice que vous pourrez comparer le revenu net de la location à court terme avec celui, plus stable et moins taxé, d’une location résidentielle à long terme.

Exemple de calcul comparatif

Prenons un appartement de type 3½ sur le Plateau-Mont-Royal, qui pourrait se louer 1 500 $/mois en bail annuel, générant 18 000 $ de revenus stables. Pour atteindre ce même montant avec la nouvelle réglementation, le propriétaire devrait louer son unité à un tarif moyen de 196 $/nuit avec un taux d’occupation de 100% pendant les 92 jours autorisés. Ce calcul ne tient même pas compte des frais de gestion, de ménage, d’usure accélérée et des charges fiscales supplémentaires qui réduiront encore la rentabilité nette.

La location à court terme peut rester profitable, mais seulement pour les propriétaires qui maîtrisent parfaitement leurs coûts et leur fiscalité, et qui ne se laissent pas aveugler par le chiffre d’affaires brut.

Cashflow positif ou négatif : pourquoi accepter de perdre 200 $/mois peut être un bon calcul fiscal ?

La notion de rentabilité en immobilier locatif, particulièrement en location meublée de tourisme, dépasse la simple équation des entrées et sorties mensuelles. Un propriétaire avisé ne se concentre pas uniquement sur le cashflow positif immédiat, mais intègre la stratégie fiscale dans son calcul. Accepter une légère perte mensuelle, par exemple 200 $, peut sembler contre-intuitif, mais peut s’avérer être un excellent calcul à long terme grâce aux mécanismes d’amortissement et de déduction des charges.

Au Québec, les revenus de location meublée sont considérés comme des revenus d’entreprise. Vous avez alors le choix entre deux principaux régimes fiscaux. Le régime micro-BIC (bénéfices industriels et commerciaux) est le plus simple : si vos revenus sont inférieurs à 77 700 $, vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 50% (porté à 71% pour les meublés de tourisme classés). Cela signifie que vous n’êtes imposé que sur la moitié de vos revenus, sans avoir à justifier vos dépenses. C’est une option attrayante pour sa simplicité.

Cependant, le régime réel d’imposition est souvent plus avantageux, surtout si vos charges sont élevées. Ce régime vous permet de déduire l’ensemble de vos dépenses réelles : intérêts d’emprunt, taxes, assurances, frais de copropriété, achats de mobilier, etc. Mais son principal avantage est l’amortissement comptable de l’immeuble et du mobilier. Vous pouvez ainsi déduire chaque année une fraction de la valeur de votre bien, créant une charge « fictive » qui vient réduire, voire annuler, votre bénéfice imposable. C’est ainsi qu’un cashflow légèrement négatif peut se transformer en un résultat fiscal nul ou déficitaire, vous permettant de ne payer aucun impôt sur vos revenus locatifs tout en continuant à rembourser votre capital.

Le choix du régime fiscal est une décision stratégique qui dépend de votre situation. Le tableau suivant résume les options pour vous aider à y voir plus clair, bien qu’une consultation avec un comptable spécialisé en immobilier soit fortement recommandée.

Comparaison des régimes fiscaux pour location Airbnb au Québec
Régime Seuil revenus Avantages Inconvénients
Micro-BIC < 77 700 $/an Simplicité, abattement forfaitaire de 50% (ou 71% si classé). Impossible de déduire les charges réelles si elles dépassent 50% des revenus.
Régime Réel Aucun seuil Déduction de toutes les charges réelles, amortissement du bien et du mobilier. Comptabilité plus complexe, récupération de l’amortissement à la revente.

En somme, la performance de votre investissement ne se mesure pas seulement mois par mois, mais sur un cycle complet incluant l’impact fiscal annuel et la plus-value à la revente.

Taxe de Bienvenue et Notaire : quels montants exacts prévoir en liquide à la signature ?

L’acquisition d’une propriété dans le but d’en faire un gîte touristique implique un budget de démarrage qui va bien au-delà du prix d’achat et de la mise de fonds. De nombreux frais, souvent qualifiés de « frais cachés », doivent être anticipés et provisionnés en liquidités, car ils ne sont généralement pas finançables par le prêt hypothécaire. Le plus connu est le droit de mutation immobilière, communément appelé la « taxe de bienvenue ». Son montant, qui peut être substantiel, est calculé par tranches sur la valeur la plus élevée entre le prix d’achat et l’évaluation municipale.

Il est crucial de calculer ce montant avec précision pour éviter les mauvaises surprises. La Ville de Montréal fournit un barème clair qui permet d’estimer cette dépense incontournable, payable dans les 30 jours suivant la réception de la facture, qui arrive généralement un à trois mois après la signature chez le notaire. Pour un bien de 500 000 $, par exemple, il faut prévoir près de 6 000 $.

Le tableau ci-dessous, basé sur les données officielles de la Ville de Montréal, vous aidera à budgétiser cette dépense majeure.

Calcul estimatif de la taxe de bienvenue à Montréal
Base d’imposition (Prix d’achat) Calcul par tranche Total de la taxe
500 000 $ 0,5% (sur 58 900$) + 1% (sur 230 800$) + 1,5% (sur 210 300$) 5 884 $
750 000 $ Tranches précédentes + 2% (sur 250 000$) 10 884 $
1 000 000 $ Tranches précédentes + 2,5% (sur 250 000$) 17 134 $

Mais la taxe de bienvenue n’est que la pointe de l’iceberg. Une liste exhaustive des frais de démarrage doit être dressée. Des honoraires du notaire aux ajustements de taxes, en passant par les coûts d’ameublement et d’équipement spécifiques à la location, chaque poste doit être chiffré. L’ameublement complet d’un logement pour atteindre un standard compétitif peut facilement coûter entre 10 000 $ et 25 000 $. Il est également sage de prévoir le linge de maison (draps, serviettes) en triple exemplaire pour assurer une rotation efficace entre les locations. Ces dépenses initiales sont un investissement direct dans la qualité et la pérennité de votre projet.

En sous-estimant ces coûts, vous risquez de mettre en péril votre trésorerie et de compromettre la viabilité de votre investissement avant même d’avoir accueilli votre premier locataire.

À retenir

  • La rentabilité d’un Airbnb à Montréal dépend désormais plus de la maîtrise des contraintes légales et fiscales que de la simple occupation.
  • La conformité (permis, zonage, règles de copropriété) n’est pas une option ; c’est le fondement qui protège votre investissement contre des amendes substantielles.
  • La « paix sociale » avec le voisinage est un actif stratégique, et des solutions technologiques existent pour la préserver et éviter les plaintes qui menacent votre permis.

Comment rénover une maison « Shoebox » ou un Plex centenaire en respectant le patrimoine montréalais ?

Rénover une propriété au cachet unique, comme une maison « shoebox » ou un appartement dans un plex centenaire, pour en faire un gîte touristique est une excellente stratégie pour se démarquer. Cependant, ce type de projet vous place à l’intersection de la modernisation et de la préservation du patrimoine. Les arrondissements montréalais comme le Plateau-Mont-Royal ou le Sud-Ouest sont dotés de Comités Consultatifs d’Urbanisme (CCU) particulièrement vigilants. Leur mission est de protéger l’identité architecturale des quartiers, ce qui implique des contraintes strictes sur les matériaux, les couleurs et les modifications de façades.

Naviguer ces exigences n’est pas un obstacle, mais une partie intégrante du projet. Engager un dialogue précoce avec le service d’urbanisme de votre arrondissement est une étape cruciale. Il faut voir le CCU non comme un adversaire, mais comme un partenaire qui peut vous guider. De plus, respecter ces normes peut vous rendre éligible à des subventions à la rénovation patrimoniale, qui viennent compenser une partie des surcoûts liés à l’utilisation de matériaux traditionnels comme la brique, la pierre ou le bois.

À l’intérieur, la priorité absolue dans un plex est l’isolation phonique. Les planchers qui craquent et les murs minces sont une source majeure de conflits entre voisins. Investir dans une insonorisation de qualité entre les étages et sur les murs mitoyens est le meilleur investissement pour garantir la paix sociale et la pérennité de votre permis. Ensuite vient l’isolation thermique, un enjeu de confort pour vos locataires et d’économie sur vos factures d’Hydro-Québec, particulièrement dans des bâtiments anciens souvent mal isolés. Le défi est d’intégrer des équipements modernes, comme une climatisation efficace, de manière discrète pour ne pas dénaturer le charme des lieux. La rénovation doit être une conversation entre l’ancien et le nouveau, où les éléments d’origine (moulures, planchers de bois franc, escaliers) sont restaurés et mis en valeur, tandis que le confort moderne est subtilement intégré.

La liste suivante hiérarchise les travaux à entreprendre pour transformer un logement ancien en un gîte touristique performant et respectueux :

  • Priorité n°1 : Isolation phonique des plafonds et des murs mitoyens pour neutraliser les nuisances sonores.
  • Isolation thermique des murs extérieurs et des combles pour le confort et la réduction des coûts énergétiques.
  • Restauration ou remplacement des éléments de façade (brique, maçonnerie, boiseries) en respectant les normes du CCU.
  • Mise aux normes complètes du système électrique et de la plomberie.
  • Conservation et restauration des éléments de cachet intérieur : planchers, moulures, portes et boiseries.
  • Installation discrète d’équipements modernes : thermopompe murale, chauffage efficace, Wi-Fi performant.

Pour que votre projet soit un succès, il est essentiel de comprendre comment intégrer ces rénovations dans le cadre patrimonial unique de Montréal.

En abordant la rénovation avec une approche respectueuse, vous ne créez pas seulement un lieu attrayant pour les touristes, mais vous contribuez également à la valorisation du patrimoine bâti montréalais, transformant les contraintes réglementaires en un véritable argument de vente.

Questions fréquentes sur la location type Airbnb à Montréal

Puis-je louer mon condo en Airbnb si le syndicat l’interdit ?

Non. L’autorisation écrite du syndicat de copropriété est une condition obligatoire pour obtenir l’avis de conformité de la Ville de Montréal, qui est lui-même requis pour l’enregistrement CITQ. Tenter de contourner cette règle vous expose à des sanctions de la part du syndicat et à un refus ou une révocation de votre permis.

Quelles sont exactement les taxes à percevoir pour une location à court terme ?

Si vos revenus annuels dépassent 30 000 $, vous devez vous inscrire et percevoir trois taxes distinctes : la Taxe sur les produits et services (TPS) de 5%, la Taxe de vente du Québec (TVQ) de 9,975%, et la Taxe sur l’hébergement de 3,5% du prix de la nuitée. Ces montants doivent être remis aux gouvernements respectifs.

La limite de 92 jours s’applique-t-elle si je loue un logement qui n’est pas ma résidence principale ?

Non. La réglementation est différente. La location d’un logement qui n’est pas votre résidence principale (une résidence secondaire) est considérée comme un établissement d’hébergement touristique commercial. Elle n’est autorisée que dans des zones très spécifiques définies par la Ville et les arrondissements, et elle est complètement interdite dans de nombreux quartiers. La limite de 92 jours ne s’applique qu’à la location de sa propre résidence principale.