
En résumé :
- Le réseautage à Montréal repose moins sur la quantité de contacts que sur le décodage des codes culturels québécois et le principe de réciprocité.
- Les 5 à 7 d’affaires exigent une approche non-vendeuse ; l’objectif est de créer un lien authentique avant de parler affaires.
- Le bénévolat n’est pas qu’une bonne action, c’est un accélérateur stratégique pour accéder au marché du travail caché et démontrer ses compétences.
- Une approche LinkedIn générique est contre-productive. La personnalisation et la compréhension du contexte local sont cruciales avant d’envoyer un message.
- Des structures comme la Jeune Chambre de Commerce de Montréal (JCCM) offrent un cadre structuré pour les nouveaux arrivants, avec des options adaptées à chaque besoin.
Vous arrivez à Montréal, plein d’ambition, avec un CV solide. Pourtant, vous vous heurtez rapidement à une réalité déconcertante : ici, plus qu’ailleurs, les meilleures opportunités ne se trouvent pas sur les sites d’emploi. Elles se murmurent dans les 5 à 7, se partagent au détour d’une conversation et se décident souvent grâce à une recommandation. Vous comprenez alors que la clé n’est pas ce que vous savez, mais qui vous connaissez. Le « réseautage » devient le mot magique, mais aussi une source d’angoisse. Comment aborder les gens ? Comment ne pas paraître désespéré ou, pire, arrogant ?
Les conseils habituels fusent : « soyez vous-même », « utilisez LinkedIn », « participez à des événements ». Ces platitudes, bien qu’intentionnées, ignorent l’essentiel. Elles ne vous donnent pas les clés du principal défi : le décodage culturel. Le réseautage au Québec est un art subtil, un ballet social où la vente agressive est proscrite et où la construction d’un capital de confiance prime sur la transaction immédiate. C’est un marathon, pas un sprint, basé sur un principe fondamental de réciprocité.
Mais si la véritable clé n’était pas de « réseauter plus », mais de « réseauter mieux » ? Et si, au lieu de collectionner des cartes d’affaires, vous vous concentriez sur la maîtrise des codes implicites du marché québécois ? Cet article n’est pas une autre liste de conseils génériques. C’est un guide stratégique, pensé par un initié, pour vous apprendre à naviguer les subtilités culturelles de Montréal. Nous allons décomposer les situations, des 5 à 7 aux meetups tech, pour vous montrer comment transformer chaque interaction en une opportunité concrète, sans jamais forcer la main. En six mois, vous n’aurez pas seulement un carnet d’adresses, mais un véritable réseau d’alliés.
Pour vous guider de manière structurée, cet article explore les différentes facettes du réseautage montréalais, des codes de conduite aux choix stratégiques d’organisations, en passant par les erreurs à éviter. Le sommaire ci-dessous vous permettra de naviguer directement vers les points qui vous intéressent le plus.
Sommaire : Développer son réseau stratégique à Montréal
- 5 à 7 d’affaires : les 4 règles non écrites pour ne pas passer pour un vendeur agressif
- Jeune Chambre ou BNI : quel réseau choisir pour un travailleur autonome en démarrage ?
- Pourquoi le bénévolat est-il votre meilleur atout pour décrocher un premier emploi qualifié au Québec ?
- L’erreur de LinkedIn qui vous grille auprès des recruteurs montréalais dès le premier message
- Comment transformer une conversation informelle en entrevue d’embauche sans forcer la main ?
- Meetups Tech : quels événements fréquenter pour rencontrer les CTO des startups les plus prometteuses ?
- Courriels le soir : quelle approche adopter pour ne pas répondre sans fâcher son patron ?
- IA, Jeu vidéo ou CleanTech : dans quel secteur lancer votre startup à Montréal pour attirer les investisseurs ?
5 à 7 d’affaires : les 4 règles non écrites pour ne pas passer pour un vendeur agressif
Le 5 à 7 est une institution au Québec. Plus qu’un simple « afterwork », c’est le théâtre principal du réseautage informel. Y débarquer avec une mentalité de vendeur, distribuant vos cartes d’affaires comme des prospectus, est la meilleure façon de vous isoler. Le premier contact n’est jamais transactionnel. L’objectif est de créer une connexion humaine, de trouver des points communs et de montrer votre personnalité. On parle de la météo, du trafic, du dernier match des Canadiens, de tout sauf de votre recherche d’emploi dans les premières minutes. Le mot d’ordre est l’authenticité.
La clé du succès réside dans le principe de réciprocité, le fameux « donnant-donnant » québécois. Avant de demander quoi que ce soit, demandez-vous ce que vous pouvez offrir. Une information pertinente ? La mise en contact avec une de vos connaissances ? Un point de vue intéressant sur un sujet ? Le réseautage au Québec est basé sur l’aide mutuelle. Comme le souligne le guide d’Immigrant Québec, n’hésitez jamais à donner en premier, car vous obtiendrez un retour d’une manière ou d’une autre. C’est en bâtissant cette réputation de personne généreuse et intéressante que les portes s’ouvriront.
Votre présentation doit être concise et naturelle. Oubliez le pitch d’ascenseur robotique. Préparez une réponse simple à la question « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ». Elle doit être orientée vers la passion et la valeur ajoutée, pas seulement vers le titre de votre poste. L’écoute active est votre meilleur outil : posez des questions ouvertes, intéressez-vous sincèrement à votre interlocuteur. C’est en le comprenant que vous pourrez identifier comment, éventuellement, vous pourrez collaborer ou vous entraider. La carte d’affaires n’est pas un objectif, mais la conséquence logique d’un échange réussi et mutuellement consenti.
Votre plan d’action pour un 5 à 7 réussi
- Définir l’objectif : Avant l’événement, listez 2-3 types de profils que vous souhaitez rencontrer et les sujets sur lesquels vous voulez obtenir de l’information.
- Préparer votre introduction : Élaborez une présentation de dix secondes : qui vous êtes, ce qui vous passionne et vos compétences clés, sans mentionner explicitement votre recherche.
- Gérer les cartes d’affaires : Ne donnez votre carte que si on vous la demande ou après un échange substantiel. Sur chaque carte reçue, notez le lieu et un mot-clé de la discussion pour un suivi personnalisé.
- Activer la réciprocité : Soyez proactif pour aider. Si vous pouvez mettre quelqu’un en contact ou partager une ressource utile, faites-le. C’est le meilleur investissement.
- Planifier le suivi : Dans les 48 heures, envoyez un court courriel de suivi personnalisé faisant référence à votre conversation, sans rien demander de plus que de rester en contact.
En somme, considérez chaque 5 à 7 comme une occasion de vous faire des alliés, pas des clients. La confiance que vous bâtirez sera infiniment plus précieuse que n’importe quelle « lead » commerciale à court terme.
Jeune Chambre ou BNI : quel réseau choisir pour un travailleur autonome en démarrage ?
Une fois les bases du comportement acquises, la question stratégique se pose : où investir son temps et son argent ? Pour un travailleur autonome ou un entrepreneur qui débute, deux modèles s’opposent souvent : les chambres de commerce jeunes, comme la Jeune Chambre de Commerce de Montréal (JCCM), et les réseaux d’affaires structurés comme BNI (Business Network International). Le choix dépend entièrement de vos objectifs. La JCCM est axée sur le développement professionnel et le réseautage large, tandis que BNI est une machine à générer des recommandations d’affaires qualifiées.
Quand je suis arrivée à Montréal, on m’a dit ‘Tu es nouvelle arrivante. Tu devrais revoir tes ambitions à la baisse.’ Mais avec la JCCM, j’ai été entourée de personnes qui m’ont tirée vers le haut. J’ai pu publier dans La Presse, participer à des activités qui me donnent accès à des leaders inspirants et développer mon réseau.
– Témoignage d’une membre, JCCM
La JCCM, qui se présente comme la plus grande jeune chambre au monde, est un écosystème formidable pour un nouvel arrivant. Son but est de développer la relève d’affaires de Montréal à travers des formations, des conférences avec des leaders et de nombreux événements de réseautage. C’est l’endroit idéal pour s’imprégner de la culture d’affaires locale, élargir son horizon et rencontrer une grande diversité de jeunes professionnels de tous les secteurs. L’investissement est modeste et la porte d’entrée, large. Pour quelqu’un qui part de zéro, c’est un accélérateur de contacts et de compréhension du marché.
BNI, à l’inverse, est un modèle beaucoup plus rigide et coûteux. Il fonctionne sur le principe de l’exclusivité (un seul membre par profession par groupe) et de l’obligation de résultats (chaque membre doit apporter un certain nombre de recommandations). C’est extrêmement efficace si vous avez une offre de service claire et que votre objectif premier est l’acquisition de clients à court terme. Cependant, pour un nouvel arrivant qui cherche encore ses marques ou un emploi, l’environnement peut être trop transactionnel et la pression trop forte.
Le choix dépend donc de votre maturité professionnelle à Montréal. Pour bâtir les fondations, comprendre l’écosystème et créer un premier cercle de contacts diversifiés, la JCCM est sans doute le meilleur point de départ. Une analyse des options d’adhésion montre d’ailleurs une volonté d’ouverture, comme le détaille le tableau suivant.
| Type d’adhésion | Coût annuel | Avantages principaux |
|---|---|---|
| JCCM Gratuite | 0$ | Réseautage et participation en ligne aux événements |
| JCCM Payante | 150$ + taxes | Accès complet aux événements, programmes de mentorat, tarifs exclusifs |
| JCCM avec rabais Chambres de l’Île | 120$ + taxes | Économie de 30$ pour membres des Jeunes Chambres de l’Île-de-Montréal |
En conclusion, commencez par la JCCM pour construire votre « capital de confiance » et votre réseau social. Une fois bien établi, si le besoin s’en fait sentir, vous pourrez toujours explorer une structure comme BNI pour accélérer votre développement commercial.
Pourquoi le bénévolat est-il votre meilleur atout pour décrocher un premier emploi qualifié au Québec ?
Parler de bénévolat quand on cherche un emploi peut sembler contre-intuitif. On a besoin d’un revenu, pas de travail gratuit. C’est une vision court-termiste qui ignore la réalité du marché du travail québécois. Le bénévolat, lorsqu’il est choisi stratégiquement, n’est pas une simple œuvre de charité ; c’est un stage non officiel, une vitrine pour vos compétences et le moyen le plus rapide de vous bâtir une réputation et un réseau local.
Pour un nouvel arrivant, le bénévolat brise plusieurs barrières d’un seul coup. Premièrement, il vous donne une expérience québécoise à mettre sur votre CV, un élément souvent demandé par les recruteurs. Deuxièmement, il vous permet de démontrer vos compétences (gestion de projet, communication, expertise technique) dans un contexte réel, sans la pression d’une période d’essai. Troisièmement, il vous met en contact direct avec des professionnels locaux, des membres de conseils d’administration, des gestionnaires, qui peuvent devenir vos futurs collègues, patrons ou clients. C’est l’incarnation parfaite du principe de « donnant-donnant » : vous offrez votre temps et vos talents, et en retour, vous gagnez en crédibilité, en contacts et en compréhension de la culture de travail locale.

Le choix de l’organisme est crucial. Ne vous portez pas volontaire n’importe où. Ciblez des organisations ou des événements en lien avec votre secteur d’activité (un festival de films si vous êtes dans l’audiovisuel, une conférence tech si vous êtes développeur). Impliquez-vous dans des comités où vous pourrez mettre à profit vos compétences stratégiques. De nombreux organismes, comme le Centre Social d’Aide aux Immigrants (CSAI), utilisent d’ailleurs ces activités comme un levier d’intégration fondamental.
Étude de cas : L’intégration par l’action au CSAI
Le Centre Social d’Aide aux Immigrants (CSAI) illustre parfaitement cette approche. Plutôt que de se limiter à des services passifs, l’organisme propose une gamme d’activités, incluant le bénévolat, qui permettent aux nouveaux arrivants de devenir acteurs de leur intégration. En participant, ils ne font pas que recevoir de l’aide ; ils rencontrent d’autres personnes, perfectionnent leur français en situation réelle et bâtissent un réseau solide. Cette méthode renforce leur autonomie et prouve que le CSAI joue un rôle clé dans la création d’un pont entre les nouveaux arrivants et la communauté du Grand Montréal, transformant l’aide en opportunité.
En définitive, voyez le bénévolat non pas comme une perte de temps, mais comme l’investissement le plus rentable que vous puissiez faire pour lancer votre carrière à Montréal. C’est la porte d’entrée la plus authentique vers le fameux marché caché.
L’erreur de LinkedIn qui vous grille auprès des recruteurs montréalais dès le premier message
LinkedIn est un outil puissant, mais c’est aussi un champ de mines culturel. L’erreur la plus commune, et la plus fatale, que commettent les nouveaux arrivants est d’adopter une approche transactionnelle et directe, souvent perçue comme agressive ou déplacée au Québec. Envoyer son CV en pièce jointe d’un premier message à un inconnu, avec une phrase comme « Je suis à la recherche d’opportunités, voici mon CV », est le moyen le plus sûr de voir votre message ignoré, voire de nuire à votre réputation.
Au Québec, beaucoup de postes à pourvoir ne sont pas affichés publiquement et sont comblés par le bouche à oreille, les recommandations ou encore la cooptation.
– Immigrant Québec, L’importance du réseautage professionnel
Cette réalité du marché caché explique pourquoi l’approche directe ne fonctionne pas. Les recruteurs et gestionnaires sont sollicités en permanence. Pour sortir du lot, votre démarche doit être basée sur la curiosité et la recherche d’information, pas sur la demande d’emploi. L’objectif de votre premier message n’est pas de décrocher une entrevue, mais d’obtenir une conversation de 15 minutes, une « entrevue d’information ». Vous ne demandez pas un travail, vous demandez des conseils. La nuance est énorme.
Votre message doit être personnalisé à l’extrême. Montrez que vous avez fait vos devoirs. Mentionnez un projet récent de l’entreprise qui vous a intéressé, un article que la personne a publié, une conférence à laquelle elle a participé. Trouvez un point commun : la même université, un contact en commun, une passion partagée visible sur son profil. Votre message doit répondre à la question implicite du recruteur : « Pourquoi moi ? ».
La structure idéale d’un premier contact est : 1. Le point de connexion : « Bonjour [Prénom], j’ai beaucoup apprécié votre récente intervention sur [sujet]… » 2. Votre situation (brève et humble) : « Nouvellement arrivé à Montréal avec une expertise en [votre domaine], je cherche à mieux comprendre les défis actuels du secteur [son secteur]. » 3. La demande (non-transactionnelle) : « Seriez-vous disposé(e) à m’accorder 15 minutes pour partager votre perspective ? Vos conseils me seraient extrêmement précieux. » Cette approche respectueuse, qui valorise l’expertise de votre interlocuteur, a infiniment plus de chances de recevoir une réponse positive. Vous ne demandez rien, vous sollicitez un partage de connaissances, ce qui est culturellement beaucoup plus acceptable.
En somme, traitez chaque prise de contact sur LinkedIn non pas comme une candidature, mais comme le début d’une relation. Votre objectif est de bâtir un pont, pas de forcer une porte.
Comment transformer une conversation informelle en entrevue d’embauche sans forcer la main ?
Vous avez réussi. Après un 5 à 7 ou une prise de contact LinkedIn réussie, vous avez décroché ce fameux « café-rencontre » ou « entrevue d’information ». C’est une étape cruciale, mais aussi la plus délicate. Comment passer d’une discussion sympathique sur l’industrie à une véritable opportunité d’emploi sans paraître opportuniste ? C’est l’art du pivot conversationnel, une manœuvre qui doit être exécutée avec subtilité et préparation.
La première moitié de la rencontre doit être entièrement dédiée à votre interlocuteur. Votre rôle est celui d’un journaliste : posez des questions intelligentes sur son parcours, les défis de son entreprise, sa vision du marché. Montrez une curiosité sincère. C’est en l’écoutant attentivement que vous allez identifier les « points de douleur » ou les besoins non comblés de son organisation. Ce sont ces points qui seront la clé de votre pivot. Pendant cette phase, vous ne parlez pas de vous, sauf pour répondre à ses questions. Vous accumulez de l’information.
Le pivot s’amorce naturellement vers la fin de la conversation. Il peut être initié par une question de sa part (« Et vous, que recherchez-vous exactement ? ») ou par vous, de manière proactive. La transition doit se baser sur ce que vous avez appris. Par exemple : « C’est fascinant ce que vous me dites sur le défi de [point de douleur mentionné]. Dans mon expérience précédente chez [votre ex-employeur], nous avons été confrontés à une problématique similaire et j’avais mis en place une solution qui a permis de [résultat chiffré]. C’est exactement ce genre de défis qui me passionne. »
Cette approche est puissante car vous ne demandez pas un emploi. Vous offrez une solution à un problème qu’il vient de vous exposer. Vous passez du statut de « demandeur » à celui de « solutionneur ». La conversation change alors de nature. C’est à ce moment que vous pouvez, si le contexte s’y prête, demander s’il connaît des personnes ou des départements qui pourraient bénéficier de ce type de compétences. Souvent, si la connexion est bonne, c’est votre interlocuteur lui-même qui fera le lien : « C’est intéressant, nous avons justement un projet sur ce sujet… » Pour y arriver, il faut évidemment bien connaître les ressources disponibles, comme celles offertes par des organismes tels que YES Montréal ou Emploi-Québec, qui peuvent vous aider à préparer ce type d’échange.
Finalement, le secret est de ne jamais demander un travail, mais de démontrer votre valeur de manière si évidente que l’offre devienne la conclusion logique de l’échange. Vous ne forcez pas la main, vous la tendez avec une solution concrète.
Meetups Tech : quels événements fréquenter pour rencontrer les CTO des startups les plus prometteuses ?
Si votre domaine est la technologie, les 5 à 7 généralistes ne sont pas toujours le terrain de chasse le plus efficace. L’écosystème tech montréalais a ses propres codes et ses propres lieux de rencontre : les meetups. Ces événements, souvent plus informels et techniques, sont des occasions en or pour rencontrer non seulement des pairs, mais aussi des décideurs techniques comme les Chief Technology Officers (CTO) des startups en vue. Cependant, tous les meetups ne se valent pas.
Pour être stratégique, vous devez filtrer les événements. Oubliez les meetups gigantesques et impersonnels. Privilégiez les groupes plus petits et nichés, centrés sur une technologie ou une problématique spécifique qui vous intéresse (ex: « React Montreal », « Montreal AI », « DevOps MTL »). Dans ces cercles restreints, les discussions sont plus profondes et l’accès aux « gros noms » est paradoxalement plus facile. Les CTO ne viennent pas pour recruter en masse, mais pour sentir les tendances, évaluer le niveau technique de la communauté et parfois, repérer discrètement des talents exceptionnels.

L’approche à adopter est différente de celle d’un 5 à 7 classique. Ici, votre crédibilité technique est votre principale monnaie d’échange. Ne parlez pas de votre recherche d’emploi. Participez activement aux discussions techniques. Posez des questions pertinentes après les présentations. Montrez que vous êtes un passionné, que vous avez une opinion technique éclairée. C’est en démontrant votre expertise que vous susciterez l’intérêt. Un CTO sera beaucoup plus impressionné par une question pointue sur l’architecture d’un microservice que par un pitch de vente.
Après l’événement, la démarche sur LinkedIn est aussi plus directe. Vous pouvez faire référence à la discussion technique que vous avez eue : « Bonjour [Prénom], j’ai beaucoup apprécié notre échange sur [sujet technique] lors du meetup [Nom du meetup]. Votre point de vue sur [détail spécifique] m’a donné à réfléchir. J’adorerais poursuivre cette discussion si vous avez un moment. » Encore une fois, l’objectif est la conversation, pas la candidature. Dans le monde de la tech, une bonne discussion technique est souvent le meilleur des entretiens.
En résumé, dans l’écosystème tech, le savoir-faire prime sur le savoir-être commercial. Votre passion et votre expertise sont vos meilleurs outils de réseautage. Montrez ce que vous savez faire, et les opportunités suivront.
Courriels le soir : quelle approche adopter pour ne pas répondre sans fâcher son patron ?
Une fois que vous avez réussi à intégrer une entreprise, une nouvelle série de codes culturels se présente. L’un des plus subtils concerne la gestion des communications en dehors des heures de bureau. Vous recevez un courriel de votre patron à 21h. Quelle est la bonne attitude ? L’ignorer risque-t-il de vous faire passer pour un employé désengagé ? Y répondre immédiatement risque-t-il de créer une attente de disponibilité constante ?
Au Québec, et de plus en plus en Amérique du Nord, une prise de conscience s’opère sur l’importance de l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle et le droit à la déconnexion. Sauf urgence explicite, un courriel envoyé le soir par un gestionnaire est souvent le reflet de son propre horaire de travail, et non une injonction à répondre sur-le-champ. Beaucoup de gestionnaires traitent leurs courriels quand ils le peuvent, sans attendre de réponse immédiate. Y répondre systématiquement dans la minute installe un précédent dangereux pour vous et pour l’équipe.
La meilleure stratégie est celle de la communication asynchrone réfléchie. Si le courriel n’est pas urgent, ne répondez pas le soir même. Traitez-le le lendemain matin, en première heure. Cela montre que vous êtes diligent et réactif, mais que vous respectez aussi votre temps personnel. Si vous craignez que le silence soit mal interprété, notamment au début de votre emploi, il existe une solution intermédiaire : utiliser la fonction « envoi différé » de votre messagerie. Vous pouvez rédiger votre réponse le soir si cela vous arrange l’esprit, mais la programmer pour qu’elle parte à 8h30 le lendemain matin. Votre patron reçoit une réponse rapide au début de sa journée, et vous avez préservé votre soirée.
Si vous êtes confronté à une culture d’entreprise où la réponse immédiate semble être la norme, il peut être utile d’avoir une conversation transparente avec votre gestionnaire. Une simple question comme : « Je veux m’assurer de bien comprendre les attentes. Pour les courriels envoyés en soirée, quelle est la priorité de réponse attendue ? » peut clarifier la situation et montrer votre professionnalisme. Cela démontre que vous êtes soucieux de bien faire, tout en posant les bases d’une relation de travail saine.
En fin de compte, respecter ses propres limites de manière professionnelle est souvent perçu comme un signe de maturité et de bonne gestion de soi, des qualités très appréciées chez un employé.
À retenir
- Le réseautage efficace à Montréal est un marathon culturel, pas un sprint transactionnel ; la construction de confiance prime.
- Chaque contexte (5 à 7, meetup tech, bénévolat) a ses propres codes : l’adaptabilité est la compétence clé.
- Le marché de l’emploi québécois est dominé par le « marché caché » ; les approches indirectes et basées sur la valeur sont les plus efficaces.
IA, Jeu vidéo ou CleanTech : dans quel secteur lancer votre startup à Montréal pour attirer les investisseurs ?
Pour l’entrepreneur qui arrive à Montréal, le réseautage prend une autre dimension : il ne s’agit plus de chercher un emploi, mais de trouver des financements, des partenaires et des premiers clients. La question n’est plus seulement « qui connaître ? », mais « où positionner son projet ? ». Montréal est une métropole bouillonnante, mais certains secteurs sont nettement plus porteurs et bénéficient d’un écosystème de soutien plus structuré. Se lancer dans le bon secteur est déjà une stratégie de réseautage en soi.
Historiquement, Montréal est une plaque tournante mondiale du jeu vidéo (avec des géants comme Ubisoft et de nombreux studios indépendants) et de l’intelligence artificielle, avec un pôle de recherche de renommée mondiale (MILA). Ces deux secteurs bénéficient d’un soutien gouvernemental fort, de bassins de talents exceptionnels et de réseaux d’investisseurs spécialisés. Y lancer une startup, c’est s’insérer dans un écosystème mature où les événements, les mentors et le capital-risque sont déjà présents et actifs. C’est le choix de la « densité ».
Cependant, un secteur en pleine explosion offre des opportunités considérables : les technologies propres (CleanTech). Avec la volonté politique forte du Québec de se positionner comme un leader de l’économie verte, les startups dans les domaines de l’électrification des transports, de l’efficacité énergétique ou de l’économie circulaire attirent de plus en plus l’attention des investisseurs publics et privés. C’est un secteur où l’impact social et environnemental peut être un argument de poids pour convaincre. D’autres domaines, comme le secteur de la finance et des assurances, connaissent également une croissance fulgurante, comme le confirment les données du gouvernement canadien qui montrent que plus de 42 700 emplois ont été créés dans ce domaine au Québec en un an.
Quel que soit le secteur, Montréal offre un avantage unique aux entrepreneurs immigrants : une infrastructure de soutien solide et souvent gratuite, essentielle pour bâtir son premier réseau.
Étude de cas : Le rôle des organismes communautaires dans le démarrage d’entreprise
Des organismes communautaires financés par la Ville de Montréal offrent un accompagnement complet et gratuit aux nouveaux arrivants entrepreneurs. Leur rôle va bien au-delà de l’aide à l’immigration. Ils fournissent une orientation stratégique pour les démarches d’affaires, aident à la recherche de financements initiaux et, surtout, ouvrent les portes de leur réseau. Pour un entrepreneur qui part de zéro, ces organismes sont le premier maillon essentiel de la chaîne de réseautage, offrant une crédibilité et des contacts inestimables pour s’intégrer dans l’écosystème d’affaires montréalais.
Le choix du secteur déterminera la nature de votre réseau. Analysez où votre expertise aura le plus d’impact et où l’écosystème est le plus aligné avec votre vision. Pour mettre en pratique ces conseils, l’étape suivante consiste à identifier l’organisme d’aide aux entrepreneurs ou la chambre de commerce qui correspond le mieux à votre projet et à prendre un premier rendez-vous.